27 juin 2008
Thé glacé pour soleil brûlant
Depuis des semaines, nous sommes sur les routes une grande partie de la journée, à la recherche d'une nouvelle maison........visites, contrevisites, joie, déception, ......tout le panel des émotions nous a entouré durant ces presques deux mois !!! mais au final,....après avoir compris que nous ne trouverions pas la maison que nous cherchons, nous avons signé le compromis d'un magnifique terrain.....à Nice
Maintenant nous serons occupés à trouver les plans les plus adaptés à notre prochaine vie, puis ce seront les soucis de la construction, puis ceux du déménagement, puis la revente de notre maison actuelle, enfin bref.....tout ça pour dire que je n'ai pas la tête à venir mettre en ligne, les recettes que pourtant je réalise ;o))
Merci à celles qui prennent régulièrement de mes nouvelles, qui demandent à quand le prochain billet.....Il faudra être patients ;o))))
Enchaînement sur les anniversaires des copains et copines de Léna, puis aussi sur les kermesses et autres fêtes de fin d'année scolaire et sportives.....
Mais ouf, quand vient le soir, on s'intalle tranquillement, on se délasse le corps dans l'eau chaude (presque trop chaude !!) de la piscine et la gorge au frais avec un verre de thé glacé......

27 mai 2008
Légumes confits au four
Une recette qui est bien facile à faire, qui s'accomode de presque tous les légumes, que l'on peut manger quasiment à toutes les sauces....que dire de mieux, c'est LA recette incontournable à réaliser souvent....
Et si je vous dis que chez moi, je la fais toutes les semaines ?...ben oui....on peut utiliser les légumes avec une viande grillée, un poisson, faire une tarte aux légumes, des flans de légumes, des gratins....et que sais-je encore, .....une seule recette, pour une variété infinie de possibilité !!...
Légumes confits au four préparation : 15 minutes cuisson : 2h30
Keskilfo ?...(pour un seul repas de quatre, vous pouvez divisez par trois, mais franchement ....vous mangerez tout, quitte à congeler) deux belles aubergines, quatres courgettes moyennes, un poivron (toutes les couleurs sont permises), six tomates charnues, trois oignons blancs nouveaux, trois gousses d'ail, une cuillère à soupe de thym citron, une cuillère à soupe de romarin, sel poivre et huile d'olive (là, j'insiste....c'est vraiment de l'huile d'olive qu'il faut)
Komment Kon fait ?....laver tous les légumes, sans les éplucher les couper en gros morceaux.
Dans un grand plat allant au four (j'utilise la lèche frite du four)...mettre de l'huile d'olive puis par couche ou en vrac tous les légumes, les épices et les condiments et enfin arroser d'une bonne rasade d'huile. Placer au four à 140° pour deux heures trente de cuisson douce. Toutes les demies heures remuer pour que les légumes cuisent uniformément.
Voilà !! simplissime non ???...et quand vous aurez gouté....vous m'en direz des nouvelles...De plus toute votre cuisine embaume durant la cuisson, c'est un vrai régal....
Toutes les variantes de légumes sont possibles sur cette base, c'est particulièrement délicieux avec du fenouil, le choix des tomates est primordial, elles ne doivent pas être trop aqueuses

Croque-monsieur moelleux
Ahhhhh, les croque-monsieur !!??...
Qui n'en a pas un souvenir d'enfance, qui n'en a pas au moins mangé un....?...J'ai eu beau chercher, dans mon entourage, tout le monde dit en avoir consommé.
Moi, j'en ai mangé plus que de mesure, parce que Papa distribuait les produits Gervais-Findus.....Donc, vous imaginez bien qu'étant à la source même, il était facile pour Maman d'avoir toujours un congélateur bien pourvu et les dîners étaient souvent fait de p'tits plats préparés par Monsieur ou Madame Findus (on n'a jamais réussi à connaitre son entité !! bien qu'avec mes soeurs nous faisions des recherches)...
Donc d'avoir été nourri régulièrement à ces produits, ne me parlez plus aujourd'hui de crèpes salées farcies surgelées, hachis parmentier, lasagnes... pas plus que de glaces !!..
Bien que j'admette que les produits surgelés soient excellents, j'en achète moi même chez Picard, je boude toujours tout ce qui porte la marque Findus. Il n'y a qu'un seul produit retiré depuis longemps du marché, que je regrette, (si Monsieur ou Madame Findus me lit j'aurais p'tre la chance d'en remanger un jour,) LE FEUILLETE DE POULET à la sauce légère citronnée....c'était un pur délice !!! j'en aurai mangé tous les soirs, mais ce n'était pas l'avis de Maman.....qui souhaitait comme toutes les mamans du monde, que nous mangions mes soeurs et moi, équilibré et varié !!
Bon, mais où j'en étais ??.......
Ah oui, les croque-monsieur.....ils font partie de ces choses que je n'avais plus remangées....un petit gros beurk me venait rien qu'à l'idée d'en consommer, d'autant que tous ces croque-monsieur industriels sont fait à base de béchamel, et pour moi c'est une horreur que de mettre de la béchamel, je n'aime pas cette sauce.......
Jusqu'à ce que ........Ben, jusqu'à ce que ma fille me demande des croque-monsieur !!!....Alors là, ce fût le dilemne....un croque-monsieur ??..zut, lui faire manger des trucs sous vide.....heu.....non....ça, ça ne me viendrait pas à l'idée....alors un truc surgelé ????...heu...impossible, mon estomac se révulsait rien qu'à y penser et, songer que je serai peut-être à l'origine d'un dégoût définitif d'un aliment de ma fille me faisait presque peur....
Alors, je me suis lancée pour elle dans la confection des croque-monsieur....d'abord rien que pour elle, et puis de fil en aiguille, ou de croque en croque, j'ai fini par en préparer aussi pour nous, et j'ai redécouvert le goût et la saveur moelleuse de ces sandwichs chauds, crousti-fondants.....Maintenant occasionnellement sans qu'elle ne me le demande, je préparer des croque-monsieur, et ils ont toujours beaucoup de succès.....
Croque-monsieur moelleux préparation : 5 minutes cuisson : 25 minutes
Keskilfo ? pour six croque-monsieur, douze tranches de pain de mie sans croûte (Harrys pour nous, c'est la seule marque à ne pas mettre de lait dans le produit)...trois tranches de jambon (allégées en sel), six tranches de d'Edam, douze cuillères à café de crème fraiche, 20 grammes de beurre, et 50 grammes de gruyère rapé....
Komment Kon fait ? c'est tellement simple, mais bon....déjà préchauffons le four à 180°
sur la plaque du four, on étale une feuille de papier sulfurisé ou une toile de silicone....on pose six tranches de pain que l'on tartine chacune d'une tranche de crème fraiche, puis une demie tranche de jambon, une tranche d'Edam et une autre tranche de pain....
Fastoche, hein ??..D'ailleurs c'est ma fille qui s'en charge !!.

Ensuite à nouveau sur chaque pyramide une tranche de crème fraiche que l'on recouvre de gruyère rapé, sur tout ça, une lamelle de beurre

et hop, au four pour 25 minutes. Le fromage doit être un peu gratiné et l'intérieur du croque-monsieur cuit....

A consommer avec une salade bien assaisonnée.....un soir, pour un dîner vite fait, c'est pas mal.....et c'est franchement tout de suite meilleur quand ma fille, me regarde avec des lumières dans les yeux, pour me dire que c'est "tellement top bon, Maman, meilleurs que ceux de l'école".....Ben tiens !!...ça c'est pris !!...

23 mai 2008
Coquillettes en duo de tomates
La belle saison à du mal à venir dans le Sud.....la grisaille nous poursuit....et il faut mettre un peu de soleil dans nos assiettes
Coquillettes en duo de tomates préparation : 12 minutes cuisson : 12 minutes
Keskilfo ? (pour 4 assiettes)...250 grammes de coquillettes, 16 pétales de tomates confites, 1 belle tomate coeur de boeuf (bien grosse et bien mure), 16 olives vertes, deux babybels, cinq cuillères à soupe d'huile d'olive, une gousse d'ail écrasée, deux branches de feuilles de basilic coupées au ciseau (pour préserver la saveur)....
Komment Kon fait ?...faire cuire les coquillettes selon la durée indiquée sur l'emballage. Durant ce temps, dans un saladier, mettre l'huile d'olive, couper les pétales de tomates confites ainsi que la tomate coeur de boeuf en petits morceaux, couper les olives en quatre, couper les babybels en tous petis dés. Mélanger le tout en y rajoutant le basilic ciselé, l'ail écrasé et la fleur de sel....
Quand les pâtes sont cuites, les égoutter soigneusement et les mélanger aux ingrédients....Ces pâtes sont délicieuses chaudes

et froides....

28 avril 2008
Cake aux courgettes, olives et tomme de cunéo
Ouh là là, un mois déjà que je n'ai rien posté !!! comme le temps passe vite.....
Bien sûr que je cuisine, mais disons que c'est une cuisine de tous les jours. J'vous rassure, je n'ai pas mis tout le monde à la diète, même si franchement certains jours ça m'arrangerait beaucoup. En gros j'ouvre le frigo dix minutes avant de passer à table et j'improvise....les courgettes sont souvent invitées dans nos assiettes, les tomates également, elles accompagnent parfaitement les grillades et omelettes....les fruits ont remplacé les gâteaux...donc tout cela ne me donne pas envie de faire un billet ou quelques photos.
Et puis, il m'a fallu plusieurs jours (bon...d'accord...Monsieur Ombre Blanche y a participé également) ...pour ôter au jardin les outrages de l'hiver, retirer toutes les feuilles de chêne tombées un peu partout, arracher les mauvaises herbes, replanter un peu partout des fleurs pour égayer, qu'il faut maintenant amoureusement arroser chaque matin et chaque soir....

....et j'ai préféré ces journées passées dehors, à celles qui se déroulent devant l'ordinateur. Le beau temps n'est pas constament au rendez-vous, mais nous avons eu quelques belles ....belles...journées, même si aujourd'hui on ne se demande pas si ce n'est pas l'automne qui recommence déjà.


Et puis les filles ont voulu des lapins...Oui....des...!!!....un par fille, deux filles, vous comptez bien !! ça fait deux lapins...enfin disons plus exactement, un lapin et une lapine....Qui au départ devaient être deux lapines...;o))))..Ils sont trop adorables ces deux petits lapins béliers, mais bien sûr, inutile de compter sur les filles pour nettoyer la cage, c'est donc moi qui chaque matin assure, le nettoyage et le couvert de ces deux petites boules si calines....et oui....je perds un peu de temps à faire des calins....

Une cage, ................vous me direz que ça ne prend pas tant de temps que cela....non ...!!! c'est sûr, mais rajoutez les deux chiens, les poissons, les tortues, l'oiseau et vous verrez que le temps nécessaire commence à être quantifiable.
heu....j'avais pas besoin de me justifier ??!! ...si ??...non !!!...alors pourquoi est-ce que je le fais ???...
Mais ce soir, j'ai tout de même pris un peu de mon temps pour arranger les courgettes autrement, sans quoi dans un petit mois, les courgettes ne pourront plus arriver à table sans déclencher une grimace chez tout mon petit monde !!...Trop...c'est trop....
Alors accomondons.....transformons....Cachons.....tiens, un cake...
Cake aux courgettes, olives et tomme de Cunéo préparation : 10 minutes cuisson : 10 mn + 45 mn
Keskilfo ? trois courgettes (environ 220 grammes) coupées en petits dés, 200 grammes de farine, 120 grammes d'huile d'olive, 1/2 sachet de levure, 3 oeufs, 150 d'olives vertes coupées en petits morceaux, 100 grammes de tomme de cunéo, deux cuillères à soupe de tapenade verte ou quelques feuilles de basilic, sel et poivre
Komment Kon fait ? préchauffer le four à 180°
Faire cuire à la vapeur 10mn (ou au micro ondes 4mn) les dés de courgettes et les saler légèrement. Moi comme d'habitude, c'est au thermomix TM31 que j'ai fait cuire à la vapeur. Ensuite dans le bol du robot, mettre l'huile, la farine, la levure et les trois oeufs, mélanger longuement pour obtenir une pate. Ajouter à la spatule les olives et la tomme en morceaux. Puis enfin les dés de courgettes et la tapenade verte, rectifier l'assaisonnement.
Verser la pate dans un moule en silicone, ou beurrer un moule à cake de votre choix et enfourner pour 45 minutes à 180°.


C'est un cake délicieux, qui n'est pas sec du tout, qui reste bien moelleux (il est même un peu difficile à couper pour faire de belles tranches). Il est délicieux chaud ou froid....s'il en reste...

02 avril 2008
Ciudad Juarez, la ville qui tue ses femmes
Il est une ville au monde, ou aucune fille ou femme ne porterait du rose !!!...C'est la couleur de la mort !!!
Une femme meure ou disparait chaque jour dans cette ville, depuis 1993....Les bourreaux peuvent continuer en toute impunité.....Ciudad Juarez, la ville qui a inventé en 1942 le fameux cocktail, Margarita, et pour laquelle on a inventé un mot....terrible : le féminicide ................
Avant que les ONG n'essayent d'obtenir des enquêtes satisfaisantes dans cette ville corrompue, les corps de ces pauvres femmes étaient rendus par le sable du désert, maintenant....elles disparaissent....la lechada fait rage, un mélange de chaux et d'acide, horriblement efficace....
Impossible de me taire, impossible de faire comme si.......je n'avais pas lu, pas vu, pas entendu....
Elles sont femmes, jeunes, pauvres.....mais elles sont femmes....et moi, femme, ...il m'est impossible de les oublier....

(Photo de Thierry Planche)
Pour chacune de ces femmes enlevées, séquestrées, violées, torturées et tuées...une croix rose et noire s'élève dans le désert.......!!!
"Je suis disparue,
Ce n’est pas dans mes draps que je me réveille, et ce n’est pas le matin que je me réveille.
Il n’y a pas de honte à vouloir oublier la nuit, ce dont on se souviendra le matin.
Je suis disparue.
Ce soir là, je ne suis pas revenue chez moi. J’ai mordu la poussière. Sans lueur d’espoir, ni promesse d’aube, la nuit est longue.
Toi, tu sais, qu’il n’y a pas de fin à la douleur de ne pas dire au revoir. Mais le trouble de ce lieu et de cette heure te demeure étranger. Tu ne sais pas ce que c’est de courir les rues pour échapper aux chiens.
Tu ne connais pas la peur viscérale d’être traquée comme une bête sauvage, cette peur à l’estomac qu’ils reniflent tous. Demain, je n’écouterai pas de mots de repentir. J’ai compris que se tromper une fois est suffisant et j’ai prié si fort la Santa Muerte. Mon corps a commencé à creuser la terre humide, mais la terre est pierreuse. Il fait noir, c'est l’angoisse.
Au creux de l’oreille, les voix me répètent : « Ponte viva. Ponte viva ». L’obscurité est épaisse. L’absurdité l’est plus encore. L’est-elle assez pour les faire paraître moins obscurs qu’elle ? Fixer la terre me fait mal, mais regarder le ciel est plus dur encore. J’eus le réflexe de chercher un regard. Il n’y a que la poussière. Il n’y a pas d’amour. Mes cuisses tremblent encore que ces hommes autour de moi aient tapé du pied. Leur impunité, leur barbarie licite. Ils rient de ma dernière nudité :
« qu’espérez-vous tirer de moi ? ». C’est votre mensonge, pas le mien.
Ce soir-là, je suis disparue ? je ne fus pas tellement surprise. A cette époque, les histoires des disparues s’étaient déjà pas mal accumulées en moi, comme si, tôt ou tard, cette situation allait naturellement s’imposer. Je savais que le désir impuni des hommes allait me faire disparaître. Depuis que le corps de Rosa a été retrouvé sur le bas-côté de la route qui mène à la maquilla, une peur bestiale m’étreint. Sa mort fut un évènement brutal ,dont je n’avais pas eu la moindre prémonition.
Peu à peu, Dieu sait comment, j’appris à vivre en commençant à craindre le pire. Il n’y a pas de répit à la traque.
De tout le temps que je passai à Juarez, je me souviens distinctement de l’amitié de Rosa. Rosa de Guerrero. Je me rappelle son sourire de coton quand nous travaillions ensemble à l’usine d’assemblage. Comme la majorité des filles d’ici, son rêve était de passer de l’autre coté de la Frontière. En arrivant à Juarez, nous avions vu les mêmes petites croix roses sur fond noir. Elles sont partout dans la ville. Elles nous criaient de fuir. Rosa a la sienne maintenant. Rosa me disait toujours, qu’elle partirait vivre de l’autre coté. Je me souviens de son regard plein de sueur et de cette force sauvage qui la poussait à faire face à tout moment. Nous fumions des cigarettes pendant la pause et les filles lui en offraient de bon cœur.
Jamais elle ne posait de questions. Elle ne voulait ignorer aucun accident de son parcours. Elle disait que c’était son sort de ne calmer une inquiétude, qu’en en encourant indéfiniment d’autres. Elle disait qu’on ne risque pas de tomber de haut quand on a rien.
Moi-même, si je n’avais pas été si blessée et terrifiée d’avance, j’aurai pu y croire et peut-être la suivre. Mais je ne lui disais pas, de peur qu’elle m’emmène trop loin. En y réfléchissant maintenant, je m’aperçois que c’était la mieux placée pour disparaître. Et puis, il y a eu ces signes avant-coureurs, que l’on redoute tant ici et qui préparent les filles au pire. Nous sommes sélectionnées, pesées, choisies. La traque ne connaît pas de temps mort. C’est cette voiture noire aux vitres fumées qui m’a reniflée en silence sur le chemin du retour. Comme tant d’autres.
Rosa disait toujours qu’il n’y a pas d’autre injustice que celle de la terre elle-même.
Quand je regarde mon passé, je vois ces ombres qui m’ont accompagnée toute ma vie. Je vois se réveiller les disparues qui dorment dans la mort. Je vois les femmes se lever de ce cimetière sans tombe. C’est un lieu de solitude où la vie m’a amenée, mais je ne suis pas seule.
Rosa me murmure à l’oreille quelque chose que je ne comprends pas. Toutes ces femmes me regardent et me tendent la main. Elles sont toutes là. Je me suis accrochée à elles car nous avions désormais quelque chose en commun : nous voyagerions longtemps dans le désert. Nous n’avions plus peur. Bientôt, tous les bruits se tairaient. Je sais que les histoires de fantômes ne font peur qu’à cause du noir dans lesquelles elles sont racontées.
Mes genoux cognent maintenant la terre et je sens la chaleur des larmes de mon fils. Parfois, dans ses rêves ou dans les miens, je reviens lui chanter des chansons mexicaines, je lui chuchote comme un souffle que je l’aime, qu’il me manque tellement.
Lui aussi a appris la douleur de ne pas dire au revoir.
Mon enfant, il faut qu’on parle tous les deux.
Rosa, que veux-tu me dire ? Je supplie les disparues de me laisser voir une dernière fois mon fils. Je sens leur amour comme une haleine chaude. « Ponte viva. Ponte viva ». Elles couvrent les grognements des chiens, comme des animaux insatisfaits.
Cette ville, c’est la mort. Rosa était de ceux qui attaquent les premiers : simplement, elle n’en avait pas eu l’occasion.
Le camouflage ne s’invente pas, l’adversité ne s’esquive pas.
Ce soir-là, j’ai reçu la visite de ma mère. Je me suis dit, elle est de retour. Elle me regardait depuis les broussailles, son visage penché vers l’est. Elle n’osait pas avancer et, à demi enfoncée dans le sable, je n’osais pas la prendre dans mes bras, la toucher seulement. Elle ouvrit la bouche et m’avoua son amour. Son sourire me rappelle la lumière de Vera Cruz. Elle aussi m’a suivie jusqu’ici. Pourquoi m’a-t-elle laissé seule ? Pourquoi es-tu partie ? Elle connaissait la malédiction.
Les autocars partent trop vite. La route paraissait déserte mais ce n’était qu’une illusion de la Santa Muerte. Moi qui ne connaissais rien, j’ai risqué tout. Maintenant que la peur n’est plus, je cherche dans l’obscurité une raison à ma vie.
Demande aux disparues, murmure Rosa.
Mama me donne la main. Je sais qu’il n’y a plus rien à craindre. Je suis à la recherche de ma vie comme d’un souvenir qu’on ne parvient plus à situer, quelque chose d’infiniment reculé. Je cherche à devenir vivante.
Mon calvaire s’est terminé dans ce terrain vague aux petites croix. Ils m’ont attrapée alors que je descendais de l’autocar. Encore une fois, j’ai couru de toutes mes forces. Mais les voitures ont lâché les chiens. Je ne comprends pas d’où ils tirent leur plaisir, de rester là, à me regarder mourir. Les chiens avaient l’air de chercher une chose, mais ils en voulaient une autre. Je n’ai rien dit, je n’ai rien dit.
Ceux qui ont vu, dirent que le brouillard ne leur permettait pas de voir.
En dehors de mon corps cognant la pierre, ils n’entendirent rien.
Mais bientôt, des voix s’élèveront. Je sais que d’autres oseront parler. Je pense à toutes ces femmes qui m’accompagnent sur le chemin de l’usine, je veux leur dire de ne pas se taire. Je vois l’aube se lever, il y aura d’autres matins.
J’eus soudain un mal de nuque comme si on m’étranglais par derrière. Le cou craqua. La douleur fut si forte que du sang coula de mon nez et de mes oreilles".
Le cadavre de Maria a été retrouvé le 21 novembre 2001, abandonné dans un lotes baldios (terrain vague).
Il existe une ville où tuer une femme n’est rien. Depuis 1993, à Juarez, au Mexique : près de 400 femme ont été enlevées, violées et assassinées, près de 500 sont portées disparues.
Plaque tournante de la drogue, des cartels, de la prostitution et de la main d’œuvre bon marché, Juarez est située sur la rive droite du Rio Bravo, à la frontière qui sépare le Mexique des Etats-Unis. Elle forme avec El Paso une agglomération de plus de 2,5 millions d’habitants dont 70 000 toxicomanes. 215 usines d’assemblages emploient près de 245 000 salariés, principalement des femmes des états du sud du pays. Chaque jour, 150 000 personnes passent la Linea qui sépare le Mexique du Texas et Juarez d’El Paso. Ciudad Juarez est réputée chez les jeunes Américains qui viennent y faire la fête. Face au déferlement des meurtres, les autorités ont été incapables d’agir en conséquence. La Cité des Mortes, comme la surnomment les mexicains, est devenue la ville qui tue des femmes. Les criminels y demeurent impunis. L’impunité attire le crime. Des femmes se sont regroupées sous le slogan « Ni una mas ! » - « Pas une de plus ! » - afin de faire pression que les autorités et tenter de mettre un terme à l’hécatombe. Un plan de coordination policière est lancé par le gouvernement fédéral en 2003 tandis qu’un néologisme apparaît : feminicide. (Sophie Rosement, Olivier Sécardin)
Le plus effrayant de Ciudad Juarez...c'est ça....
taper dans Google Ciudad Juarez, trouver environ 3 820 000 pages, et découvrir sur au moins les 300 premieres pages.....tous ces visages, ces horreurs, ces maux.....
Mon cri se rajoute à tous les autres, ceux qui soutiennent ces mères courages qui refusent que leurs enfants soient mortes et que leurs assassins courrent encore..............
"Bien trop de femmes dans bien trop de pays parlent la même langue : le silence." Anasua Sengupta
Pour finir, je voulais faire de la Margarita, mais la lecture de toutes ces pages, de toutes ces vies volées.........a fait que finalement, je ne servirai jamais de Margarita.......
Ce sont les hommes qui boivent, ce sont les hommes qui tuent les femmes à Ciudad Juarez.........
27 mars 2008
Velouté de fanes de radis
Nos aïeux ne jetaient rien, ils consommaient tout ce qui pouvait l'être, nous l'avons souvent oublié........
Ce soir, j'ai fait testé à ma maisonnée un velouté dont le nom ne m'était pas inconnu, mais que je n'avais (me semble t'il) pas encore gouté.....
Bien évidemment c'est une visite à mon primeuriste favori, qui a déclenché ce test. Il a fallu que je vois ces radis, si tentants, si rouges, si ronds....pour que je repense à ces recettes de potages anciens....
Ni une, ni deux, voilà deux bottes de radis ronds (je sais, les puristes préfèreront les longs, mais ceux-ci étaient si rouges, si alléchants que je ne leur ai pas résisté) dans mon panier...Ce soir, ce sera velouté, crudités....et pour finir un fruit...parfait après ces fêtes de Pâques et toutes les agapes qui ont précédées et suivies ;o)))))
Velouté de fanes de radis préparation : 5 minutes cuisson : 30 minutes
Keskilfo ? deux pommes de terre moyennes, les feuilles de deux bottes de radis, deux échalotes, deux gousses d'ail rose, un peu d'huile d'olive, du sel et du poivre....
Komment Kon fait ?...Moi, j'ai tout préparé au Thermomix, mais pour celles qui pensent qu'il est indispensable à cette recette ;o)))))) (hein, Virginie ;o))) )....une casserole et un mixeur feront l'affaire !...
Eplucher les échalotes et l'ail, les mettre avec deux cuillères à soupe d'huile d'olive dans le bol du thermo, durée 10 mn, température 100°, pleine puissance durant quelques secondes pour hacher les alliacées, puis vitesse 3 jusqu'à la sonnerie.
Durant ce temps, éplucher les pommes de terre, les couper en morceaux grossiers, laver les fanes de radis.
Les ajouter dans le bol du robot, avec un bon verre d'eau; deux cuillères à café de sel et deux tours de moulin à poivre, et c'est reparti pour 25 minutes, température 100°, vitesse 2...
A la fin de la cuisson, mixer jusqu'à avoir la texture d'un velouté, puis rajouter de l'eau (environ 1 litre) et remettre à 100°, jusqu'à ce que la température soit atteinte...rectifier si nécessaire l'assaisonnement, mais le thermomix développe les arômes....

Servez sans attendre, avec un peu de crème fraiche, ou des petits cubes de mimolette....si vous arrivez à en piquer quelques petits morceaux aux souris..........

24 mars 2008
Gateau façon Forêt Noire
Il faut bien le dire, ça fait tellement longtemps que Monsieur Ombre Blanche réclame un gâteau Forêt Noire, et que je fais semblant de ne pas entendre (doit pas bien se rendre compte de ce que ça représente comme travail !!).....que pour faire passer la pilule de Pink KitchenAid....j'ai choisi de m'atteler à la confection de son dessert préféré....
Et pis, hier c'était Pâques, et pis, il a passé l'âge que je lui achète une poule ou un oeuf en chocolat, et pis, j'avais quand même envie de lui offrir quelque chose....et pis.......
Si...Si...!!!!
rien que pour lui, j'entends déjà quelques mauvaises langues dire que je me fais plaisir aussi, mais moi, pour celles qui suivent, je déteste les gâteaux à la crème. Les trucs à étage, compliqués, à la crème, c'est pas pour moi. Moi, ce que j'aime par dessus tout, ce sont ces gateaux simples, ceux de nos aïeux, les cakes, les mousseux, les biscuits...un seul parfum, c'est top...pour mon palais sensible..Et pour me faire littéralement craquer, offrez moi, des gâteaux secs, des p'tites bouchées.....j'adore...
Enfin, revenons donc à ce fameux gâteau.....
Dire que Pinky aura rendu les choses plus faciles, certes, car les blancs en neige sont montés tout seuls !!! (Thermo en a rougi de honte).......Fermes comme jamais, les crèmes se sont mélangées aisément (heu ça, Thermomix le fait aussi bien, mais aujourd'hui il n'a servi qu'à la pesée des ingrédients)...Le biscuit est moelleux, moelleux, mais j'vous raconte pas l'état de ma cuisine....
Pas organisée ?? comment ça j'suis pas organisée, j'ai eu beau laver les saladiers à tour de bras, l'opération ne m'en a pas pris moins de deux heures...... tout de même !...Si je vous raconte qu'en plus le premier biscuit à atteri par terre quand j'ai voulu le retourner à la sortie du four, et que moi, j'ai donc du en faire trois de biscuits !!.....ça vous étonnera plus que j'ai mis deux heures !!!....
Alors, pour les pressées, .....j'vous le dis, ce n'est pas un gâteau fait pour vous (pour moi non plus d'ailleurs)....passez votre chemin, j'vous confierai même....que je suis contente de l'avoir terminé...et que je ne vais certainement pas en refaire un, demain....
Gâteau façon Forêt Noire préparation et cuisson.....j'mets ça à la louche, mais comptez deux heures...pour retrouver une cuisine propre
Keskilfo ? pour huit personnes, à faire la veille !!!!
Biscuit : tous les ingrédients seront à multiplier par deux (voir même, pour certaines dont je fais partie, par trois, cause de chute malvenue), car il faut faire la cuisson du biscuit en deux fois....(c'est d'ailleurs bien ce qui a pris tant de temps)....
donc pour un biscuit : 4 oeufs, 5 cl de liqueur de kirsch, 50 grammes de farine, 50 grammes de maizena, 100 grammes de sucre, 125 grammes de chocolat noir
N'oubliez pas qu'il faut tout de même avoir le double de tout ça disponible, sinon vous n'aurez que deux étages, ce qui ne doit pas être bien dramatique non plus, si l'on y réfléchit bien.....!!...
Crême : 500 grammes de mascarpone, 400 grammes de fromage blanc en faisselle bien égoutté, deux sachets de KremFix (un truc pour que la chantilly tienne bien), un pot de confiture de griottes (seulement de griottes)...
Pour la déco : 150 grammes de chocolat noir, 100 grammes de griottes au sirop
Komment Kon fait ?... j'suppose que vous n'avez pas lu tout ça, si vous ne voulez pas la recette ;o)))
Attaquons la préparation d'un des deux biscuits :
Préchauffer le four à 240°
Séparer les blancs des jaunes d'oeufs, mettre les blancs dans le bol de votre robot et les monter en neige ferme, avant de les renverser dans un saladier (assez grand)..Mettre les jaunes dans le bol du robot avec 100 grammes de sucre, et fouetter jusqu'à obtenir un mélange qui forme un ruban et dont la couleur est très claire. Ajouter le kirsch.
Faire fondre doucement le chocolat (au micro-ondes pour moi, en plusieurs fois pour vérifier que le chocolat ne brûle pas), mélanger délicatement avec une maryse. L'incorporer aux jaunes d'oeufs et ajouter la farine et la maïzena.
Mettre ce mélange dans le saladier des blancs en neige et incorporer délicatement avec la maryse...Il s'agit d'obtenir un mélange mousseux, très aérien. Pour ce faire, on ne remue pas, on passe sous la masse et on revient sur le dessus, dans un mouvement tournant pour incorporer sans casser les blancs en neige...un coup de main à prendre, plus difficile à expliquer qu'à réaliser....
Si vous avez la chance d'avoir la plaque à biscuit flexipan, étaler la pate. Sinon, mettre une feuille de papier sulfurisé sur une plaque à patisserie/biscuit. Soulever la plaque et la laisser retomber doucement sur le plan de travail pour uniformiser la pâte et mettre au four préchauffé à 240° pour 6 minutes.....
Dès la sortie du four, mettre un torchon ou une feuille de sulfurisé pour renverser le gateau encore chaud (même principe que pour les gateaux roulés)...et retirer votre moule. Le laver pour faire le second biscuit absolument identique.
Quand vos deux biscuits sont refroidis, couper chacun en deux dans le sens de la largeur vous voilà donc avec quatres rectangles égaux.
Battre le mascarpone, le fromage blanc et les sachets de KremFix au fouet. On ne rajoute pas de sucre, c'est la confiture qui même si elle est acidulée, se chargera d'adoucir suffisament la crême.
Sur le plat de service (vous ne pourrez plus changer de plat, le gateau une fois monté)....poser une première couche de biscuit. L'enduire d'une bonne couche de crème, puis ensuite d'une légère couche de confiture de cerise, une autre couche de biscuit...et ainsi de suite jusqu'à épuisement des ingrédients...Mais la toute dernière couche est une couche de crème...

Mettre ensuite au réfrigérateur, jusqu'au lendemain..........
Si vous avez un rectangle ou carré de montage à gateau, vous pouvez bien évidemment l'utiliser, mais la crème se tient bien, le gateau aussi....
Moi, j'ai finalement fait seulement trois étages, je trouvais qu'il était assez haut comme ça..Avec mon demi biscuit restant, j'ai fait un roulé pour le quatre-heure des filles qui étaient ravies.....Heu....oui !!! je sais, y'avait de l'alcool dans le biscuit, mais je ne m'en suis souvenue que lorsqu'elles ont fait la grimace en mordant dans leur tranche.......
Bah oui.....nulle n'est parfaite ;o)))))
Ah oui.....sortir le gâteau 1/2 heure avant de le servir.....faire fondre le chocolat et l'étaler en couche fine sur une surface dure et froide (granit, marbre)...et à l'aide d'une spatule former des copeaux....(on peut aussi se simplifier la chose en grattant avec un couteau économe une plaque de chocolat, mais le résultat est moins spectaculaire....

Poser les cerises sur le dessus du gateau et placer vos copeaux de chocolat....
Voilà.............

23 mars 2008
Mousseux au citron
Un gateau mousseux, vraiment mousseux, ça vous tente....???...
Celui là, est vraiment un nuage de citron...........tout ce qui me plait..
Mousseux au citron préparation : 10 minutes cuisson : 50 minutes
Keskilfo ? 125 grammes de farine, 100 grammes de maïzena, 200 grammes de beurre, 200 grammes de sucre en poudre, 4 oeufs, 1 citron non traité
Komment Kon fait ? préchauffer le four à 190°
Prélever les zestes du citron et le presser pour obtenir le jus.
Mettre le beurre en pomade à l'aide de votre robot ou d'une cuillère, ajouter le sucre, les zestes et le jus du citron, les jaunes d'oeufs, la farine et la maïzena. Mélanger bien pour obtenir une pâte pommade lisse et homogène.
Battre les blancs d'oeufs en neige ferme et mélanger délicatement vos deux mélanges en soulevant la pâte pour ne pas casser les oeufs battus.
Mettre dans un moule flexipan, ou un autre moule beurré et enfourner pour 50 minutes....

On peut si on le souhaite mettre un glacage fait de sucre glace et de citron, mais moi je l'ai préféré ainsi.....

22 mars 2008
Yaourt au chocolat et à la cannelle
Un simple commentaire peut tout changer....comment ?
Un clic pour découvrir la gentille personne qui a rédigé un mot et voilà que je tombe sur une association terrible de saveurs, juste quand j'ai, enfin, réussi à trouver la texture "yaourt" nature qui convient à mon p'tit monde....(enfin !!...si cinq personnes restent un p'tit monde ??)
Et c'est LE yaourt du vendredi que je découvre à la table du monde !!!!...et ça tombe bien on est vendredi !!! non ???...
De plus l'association Chocolat/cannelle/basilic, moi ça me plait assez, sauf que je ne mange pas beaucoup de yaourt et encore moins au chocolat...Pour rester dans l'esprit, je décide de garder choco-cannelle, pas bien certaine quand même, que les palais des deux nénettes apprécient, mais ...je tente....on verra à la dégustation....
Yaourt au chocolat et à la cannelle préparation : 10 minutes cuisson : 10 heures four à 40°
Keskilfo ?....pour six pots de yaourt
1/2 litre de lait, 100 grammes de lait concentré non sucré (j'aurai pu faire aussi avec du sucré, mais il me restait une boite à finir)...3 cuillères à soupe de sucre roux, 1/2 cuillère à café de cannelle en poudre, 90 grammes de cacao non sucré Suchard, et un yaourt du commerce ou un yaourt nature de votre préparation (si vous avez l'habitude d'en faire)...
Komment Kon fait ?..dans une casserole, faire chauffer à feu doux, le lait, le chocolat, le sucre et la cannelle comme pour faire un chocolat chaud en remuant au fouet pour éviter tout grumeau.
Puis laisser refroidir, jusqu'à pouvoir y plonger votre doigt sans souffrir de la chaleur (environ 20 minutes plus tard), rajouter le lait concentré et le yaourt, mélanger bien et verser dans les p'tits pots en verre ébouillantés, propres et secs.
Mettre au four pour 8 à 10 heures à 40° (mes résultats, après plusieurs essais, sont meilleurs avec 10 heures) puis mettre les couvercles ou couvrir d'un film alimentaire et entreposer au frais au moins une journée pour que les yaourts prennent leur consistance définitive....

Et ..........
déguster..............

Ils sont succulents, en texture parfaite, ni filants, coulants, morveux, ce sont bien des Yaourts !!...mais au goût prononcé....
A réserver aux adultes ou aux grands enfants.....


